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À Bayonne, l’expo « Coalition, Art, écologie et territoires » nous enseigne un nouveau rapport au vivant

par Manon Falloux
10 juillet 2026
À Bayonne, l’expo « Coalition, Art, écologie et territoires » nous enseigne un nouveau rapport au vivant

Paula Valero Comin, Manifestation végétale, Herbier résistant, Rosa Luxembourg ©Claire Jaillard

Jusqu’au 13 septembre, le Didam de Bayonne accueille « Coalition, Art, écologie et territoires » : 14 artistes contemporains usant de photos, broderies, installations et de végétaux intégrés aux œuvres pour imaginer de nouvelles manières de sensibiliser à l’écologie. 

À contre-courant de certains discours écolos techniques ou abstraits, l’exposition Coalition, visible jusqu’au 13 septembre au Didam de Bayonne, mise sur le sensible. Ici, l’importance du vivant nous est transmise de manière presque physique, via les émotions et les sensations. 

Réalisée en partenariat avec COAL – association qui vise à sensibiliser aux enjeux écologiques via l’art contemporain – et Indarra – fonds pour la transition écologique des territoires – celle-ci rappelle combien l’art peut être le plus puissant des outils politiques. Dans le prolongement de ce que fait COAL depuis 2008, en fédérant artistes, chercheurs et acteurs de la transition écologique autour de projets culturels engagés. 

À ses côtés pour l’occasion, quatorze artistes, dont Suzanne Husky, plasticienne mais aussi agroécologiste et paysagiste dont l’œuvre vise à questionner la domination de l’homme sur la nature, ou encore la sculptrice Lélia Demoisy, qui mêle bois, métal et matières animales pour révéler les liens invisibles entre les arbres et le reste du vivant.

L’art comme expérience du vivant

En déambulant parmi les salles, on trouve un herbier d’un genre nouveau qui associe à chaque espèce végétale la photo d’une figure féminine, dressant ainsi des équivalences entre nos deux espèces. Plus loin le regard se pose sur des os, sculptés dans du cèdre, ainsi qu’un disque du même bois auquel ont été ajoutées des vertèbres. 

Partout, nature et êtres humains s’entremêlent et s’hybrident. Les artistes humanisent la nature ou naturalisent l’humain, qu’importe, ils nous invitent à déplacer notre regard, soulignant les interdépendances et les connexions cachées qui nous lient au vivant.

« Je crée les conditions, puis le vivant dessine » 

Artiste et médecin biologiste, Lara Tabet inocule des bactéries prélevées dans l’eau directement sur pellicule photo, les laissant dessiner elles-mêmes des paysages organiques. Louis Guillaume, quant à lui, a rassemblé des chatons de peupliers noirs qu’il a transformés en sculpture de bourre et de branchages suspendue dans la salle. Leurs œuvres nous invitent ainsi à nous attarder sur les textures, les couleurs,  les formes qui se mêlent et se chevauchent. 

Ici, repenser la place du vivant revient surtout à le considérer autrement, à prêter attention à sa beauté, à certains de ses  aspects sur lesquels notre regard ne  se pose pas assez

Un projet ancré dans son territoire 

L’écologie nous est alors enseignée à l’échelle la plus intime, en nous faisant ressentir notre environnement. Un retour à ce qui nous est directement sensible, mais aussi au territoire dans lequel nous sommes ancrés. L’exposition est d’ailleurs co-construite par Indarra, fonds de dotation dédié à l’accompagnement des transformations des territoires, qui tient le pari de relier les enjeux écologiques mondiaux aux réalités locales.

 

Louis Guillaume, éclosion de fruits de peupliers noirs © Claire Jaillard

Les œuvres font ainsi écho au Sud-Ouest, s’inspirant de ses paysages et de leurs enjeux propres. Pour renforcer cet ancrage, un partenariat a également été noué avec le Muséum d’histoire naturelle de Bayonne, dont certaines pièces sont mises en dialogue avec des œuvres contemporaines. 

Herbiers, alguiers, spécimens naturalisés, ou encore cartes du territoire viennent documenter la biodiversité locale et mettre l’accent sur la manière dont les formes de vies qui nous entourent sont menacées ou impactées par nos activités.

À lire aussi : Comment l’art peut-il faire sa transition écologique ?

 

Cette attention au concret se prolonge jusqu’à la sortie de l’exposition à travers une série de « protocoles de reconnexion à la nature ». Conçus par les artistes et illustrés par la plasticienne Marie Labat, ils prennent la forme de cartes à tirer, et comprennent une série de gestes simples qui nous invitent ainsi à décaler le regard, à intensifier nos perceptions, et à expérimenter d’autres points de vue que celui, trop souvent unique, des humains. 

Pensés pour être relayés auprès des associations et collectivités, ces protocoles ont vocation à sortir de l’exposition pour infuser tout le territoire. 

L’expo est visible gratuitement jusqu’au 13 septembre 2026 au Didam de Bayonne.

Tags : ArtEnvironnementExpositionTerritoires

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