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Tryo : « On n’aurait jamais imaginé il y a 30 ans qu’on aurait dû au fond défendre la liberté d’expression »

par Jean-Paul Deniaud
8 juillet 2026
Tryo 2026

Tryo sereins pour leur anniv des 30 ans

Trente ans qu’ils infusent l’urgence des luttes sociales et écologiques dans leurs rythmes solaires. Alors comment vivent les artisans historiques de « L’Hymne de nos campagnes » quand les canicules et l’extrême-droite étouffent le pays ? De l’ancrage militant de terrain – auprès de Sea Shepherd ou de la Confédération paysanne – à la tentation de l’arène électorale, Tryo célèbre son anniversaire entre inquiétude et détermination. Mais toujours confiant dans le pouvoir de « la réflexion dans la teuf ». Au vu du contexte, on prend volontiers.

Tryo fête ses 30 ans. 30 ans de chansons reggae, populaires, folk. Et 30 ans d’engagements. Pour la jeunesse, dès leurs débuts en MJC. Et pour la planète, bien sûr. Depuis « L’Hymne de nos campagnes » de 1998, qui porte toujours si bien son nom, aux premiers bilans carbone de leurs tournées, dès 2008 (!). Des concerts géants pour l’écologie, comme l’Ultimatum climatique, en 2009, aux collabs avec de multiples ONG et assos.

Ces trois décennies auront aussi vu ces musiciens artisans jouer avec les rouages de la machine – signés chez Sony Music ou en tournée des Zéniths – et pourtant garder leur sincérité : des textes profondément politiques sous des airs faussement naïfs, tout à fait à l’aise avec les codes de la pop. Car pour Tryo, oui, « on peut divertir et avertir en même temps ». Une manière de rester fidèles à leur devise originelle : « la réflexion dans la teuf ».

Épargnés par les années, parlant au plus grand nombre, les trois leaders et Manu (qui a officialisé son départ en 2021) se mettent au service des luttes de terrain. Près de chez eux – Daniel dans l’Yonne auprès de la Confédération paysanne, Guizmo en Bretagne pour soutenir l’hôpital local – ou nationalement : en soutien de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, aux opposants à l’A69, ou porte-parole de Sea Shepherd.

Hasard du calendrier, ces 30 ans ont lieu dans le contexte de la Présidentielle. Tryo fêtera son anniversaire avec un best of et quelques inédits, prévus pour cet automne, et une série de concerts. Le tout, toujours bien entouré d’allié·es musicien·nes qui n’oublient pas, ils et elles non plus, les combats de la culture ; ce qu’ils confirmaient mi-juin en signant l’Appel des 1000. Tenant toujours ensemble, et en musique, « ce lien entre la révolte, la tendresse et la fête ».

On se parle alors que débute la première canicule de 2026 (le 18 juin, ndlr.). Qu’est-ce qu’on se dit dans ce genre de moments, quand on est un groupe qui sonne l’alerte depuis 30 ans ?

 

Guiz : Déjà, quand même, qu’on avait raison d’en parler. Qu’il y a 30 ans, on était pris pour des baba cool, tout le monde s’en foutait un peu, et qu’aujourd’hui, au moins, on sait. On ne peut pas passer à côté. Et là, on se le prend en pleine poire. Et en même temps, effectivement, il y a énormément de tristesse. Et parfois de vraies boules au ventre, qu’on n’a pas réussi à faire passer le message.

Toutefois, on ne s’adressait pas spécialement aux politiques, aux multinationales et à tous ces gens qui défoncent notre planète. On s’adressait à des gens qui, comme nous, se sont retrouvés dans ces textes, et qui comme nous aujourd’hui encore se demandent : où va-t-on et où vont nos enfants ? Là, c’est la panique climatique. Avec une vague de température comme ça, on ne peut que s’inquiéter.

À lire aussi : « À quoi ça va ressembler notre territoire dans 50 ans, avec tous ces préfabriqués ? » : Bonne Nuit ou la dernière fête avant la fin du monde

Manu : Et encore, même si nos gestes de citoyens sont importants et significatifs, toute la masse populaire réunie n’égale pas les plus gros pollueurs de la planète, les riches et les grandes entreprises richissimes qui font du profit. Il y a vraiment des décisions à prendre au niveau politique, c’est important de le rappeler. On peut faire des choses, mais on n’y arrivera pas si les politiques et les industriels ne se bougent pas.

Certaines personnalités très engagées aussi ont des coups de mou ou perdent espoir devant l‘inertie de la crise écologique. Qu’est-ce qui vous donne, vous, l’énergie d’y retourner encore et toujours ?

 

Guiz : En ce qui me concerne, c’est toutes les actions de l’association Sea Shepherd, dont je suis fier d’être le porte-parole aujourd’hui avec Tryo. Voir qu’il y en a qui se bougent, qui y croient encore, qui n’attendent pas passivement que les choses se passent, ça me fait tenir. C’est Les Soulèvements de la terre, tous ces mouvements qui nous rappellent à l’ordre et disent « donnons-nous les moyens de notre rébellion, allons-y, agissons ».

Danielito : C’est peut-être utopique, mais à titre personnel, avec des enfants, j’ai toujours envie d’y croire. Pour ma fille, pour nos enfants. Si un moment tu perds cet espoir, ce serait facile de dire que c’est mort et de tout laisser tomber. Avec ma fille, on en parle. Elle a 14 ans et elle est très angoissée par la prise de conscience du monde dans lequel elle vit. Moi, ça me donne la force de croire que ça peut bouger.

En 30 ans de carrière, vous vous êtes entourés d’une myriade d’artistes, anciens et plus jeunes. Comment lisez-vous l’engagement des plus jeunes artistes aujourd’hui ?

 

Guiz : Sincèrement, je ne sais pas qui prend la relève sur l’associatif chez les jeunes artistes. Je ne vois pas beaucoup de stands d’associations dans les concerts. Des artistes comme Suzane s’expriment sur des sujets particuliers, comme le projet Mon P’ti Loup (lancé par le Mouvement de lutte contre toutes les violences faites aux enfants, ndlr.). Mais le sujet de l’écologie est de manière générale fondu dans une actualité complètement folle. On en parle comme si c’était un petit fait divers au milieu des matchs de foot.

Christophe Mali : Je ne suis pas tout à fait d’accord. La jeune génération d’artistes aujourd’hui n’ose pas aborder des thèmes politiques, alors même qu’on a toute une culture de la chanson engagée. Mais les jeunes artistes osent s’exprimer sur l’écologie, peut-être que c’est plus consensuel. Je ne dis pas que c’est des fers de lance de l’activisme, mais c’est quand même une thématique dont ils parlent dans leurs chansons. Contrairement à des terrains plus minés, où personne ne va.

Écologies et questions sociales semblent n’avoir jamais été autant comprises ensemble, enfin. Vous qui avez très tôt fait ce lien là, comment le vivez-vous ?

 

Guiz : J’allais le dire. Comment militer pour l’écologie sans militer contre l’extrême droite et le climato-scepticisme ambiant ? Impossible. Donc prends position, toi la jeunesse ; t’es encore un enfant et tu te fais écraser par un système qui fait s’effondrer ta planète, le socle qui fait que t’es en vie aujourd’hui, que t’as la chance de pouvoir encore regarder et respirer. Je trouve ça fou. L’engagement politique est primordial. Que la jeunesse aujourd’hui, des artistes ou autres, prennent position, ça fait du bien. Moi, je voudrais qu’il y en ait plus.

Ce soir (pour rappel, le 18 juin dernier, ndlr.) sera lancé « L’appel des 1000 » où plus de 1200 artistes et pros de la musique – dont Pioche! et Tryo – dénoncent l’impasse d’un secteur musical plus industrialisé, financiarisé, et fragilisé par les politiques culturelles et les pressions réactionnaires. Avec 30 ans de carrière dans toutes les coulisses des tournées, des maisons de disques, comment vous sentez-vous, aujourd’hui, au sein de cette industrie musicale ?

 

Guiz : Nous, on vient du culte du CD et de l’album. C’était une espèce de dogme, d’aboutissement. Aujourd’hui, on est dans une consommation de la musique complètement différente. On a vu la transformation entre l’analogique et le numérique. Et avec un peu de recul, je vais faire le vieux, mais ça me plaisait bien l’analogique, prendre le temps de faire une pochette, de réfléchir à un concept album et de prendre son temps, tout simplement.

« L’IA, ça aide encore à gagner du temps alors qu’on voudrait plutôt le prendre, le temps »

On est dans un monde qui prend de moins en moins son temps et la musique fait pareil. L’IA, ça aide une fois de plus à gagner du temps alors qu’au lieu d’en gagner, on voudrait le prendre, le temps. Ce n’est pas du tout la même chose.

Manu : C’est tout le cheminement qui compte, pour arriver d’une étincelle créative, d’une émotion que tu ressens jusqu’à ton œuvre terminée. Si tu demandes à la machine de l’appliquer, tu te prives de tout le chemin. Une machine ne ressent rien, et surtout elle supprime complètement ton chemin. Donc, la vie, le mouvement.

Notre époque a le culte de l’objectif, de la fin, du résultat.

 

Manu : Nous, on a pu rester des artisans au sein de l’industrie musicale, on s’estime chanceux. C’est une histoire d’interlocuteur. Si tu as en face de toi quelqu’un ouvert d’esprit qui te fait confiance. Et ça l’est encore aujourd’hui.

Danielito : En tout cas, j’ai la sensation que les choses vont changer très vite. Parfois, j’ai comme une espèce de vertige, je me sens un peu perdu. Ça va plus vite que mon esprit, un peu vieillot peut-être.

Guiz : On se prend une volée d’informations dans une journée. Il nous faut essayer de continuer à vivre… On parle de nature, d’environnement, de se reconnecter à des choses simples, à l’autre, à la planète, au rythme de la vie de la nature… Quelque chose qui est en nous et qu’on est en train de perdre. C’est ce que j’essaie de faire en tout cas, en dehors de la vie folle de musicien, me retrouver connecté avec des choses simples.

L’extrême-droitisation du débat public, la fébrilité de certains décideurs économiques pour les sujets écologiques, ou décidant qu’ils sont moins attendus par le public, est-ce une difficulté pour vous aujourd’hui ?

 

Christophe Mali : Non, notamment parce que ce n’est pas forcément notre actualité. Par contre, pour rebondir sur « L’Appel des 1000 », on n’aurait jamais pu s’imaginer il y a 30 ans qu’on aurait dû défendre, finalement, la liberté d’expression.

Quand on voit l’extrême-droitisation des médias avec Bolloré, des mairies d’extrême droite qui déprogramment des pièces – Alexis Michalik en a été témoin – ou reprogramment des artistes comme Jean-Luc Lahaye, que personne ne programmait, on n’aurait jamais imaginé en arriver là il y a 30 ans, franchement. Ça fait quand même très, très peur. Nous, on garde une liberté de ton, mais c’est très inquiétant pour la nouvelle génération.

Vous faites des chansons très engagées, mais aussi très joyeuses et pop. Ce peut être troublant pour un nouveau public engagé, radical, qui pourrait s’imaginer que Tryo, c’est mainstream, à rebours de vos discours. Est-ce une manière d’aller au-delà d’une image un peu bourgeoise des combats écologiques, en étant accessible, populaire ?

 

Manu : On peut divertir et avertir en même temps. Ce n’est pas incompatible du tout.

Danielito : Les choses se sont faites naturellement, dès le début, ce côté engagé avec des mélodies joyeuses. Mais si je me réfère à mon passé d’exilé politique et engagé, il y a des gens pour qui l’engagement, c’est un truc grave. Mais on peut aussi parler d’engagement, de politique, de façon humaine et simple. Et ce qui a justement fait une différence, c’est que Tryo portait ce discours-là dans un esprit festif.

Guiz : C’est aussi lié à nos influences : Jacques Higelin, Renaud, qui avait beaucoup d’humour dans ses textes. Bob Marley, une musique hyper solaire. Notre mot d’ordre, quand on a commencé, c’était « la réflexion dans la teuf ». On est de cet ADN-là. À la fois dénoncer et amener beaucoup d’humour et de légèreté, d’amour. Trouver ce lien entre la révolte, la tendresse et la fête, s’amuser. Tryo, c’est avant tout un groupe de scène. Chaque album a été le prétexte à une longue tournée.

Manu : Notre musique, c’est du divertissement, du rêve, de la fête. Un scientifique et philosophe comme Aurélien Barrau, on ne va pas lui demander d’avoir une mine réjouie pour dire « c’est cool, on est au bord du gouffre, on va s’éclater en bas, c’est fini, c’est mort ». Chacun va l’exprimer depuis son endroit, avec son énergie et son champ de vision.

Guiz : Nous on va dire : « on est au bord du gouffre, donc c’est maintenant qu’on fait la teuf parce que demain, on ne sait pas ce qui va nous arriver dessus ».

Vous êtes aussi physiquement sur de nombreux lieux de luttes, comme la Zad, A69. Quels types de relations nouez-vous avec ces luttes sur le terrain ?

 

Guiz : Depuis le début, on voulait aller plus loin que simplement chanter ce n’est pas bien ce qu’on fait à notre jolie planète. On est allés chercher des Greenpeace, on a fait des bilans carbone de nos tournées (dès 2008, ndlr.). Et grâce à ces assos, on a compris plein de choses.

On a participé à un grand rassemblement à Paris contre les +2°C, Ultimatum climatique (en 2009, ndlr.). Beaucoup d’assos sont aussi venues vers nous : « Votre notoriété peut faire du bien à notre lutte, pouvez-vous en parler, rejoindre notre lutte ? » C’est arrivé à la ZAD contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, un combat gagné.

À lire aussi : « M’engager sur le terrain, ça me permet de me sentir moins impuissante dans ce monde si fou » – Camélia Jordana

Récemment, on est en train d’éteindre les services d’urgence où je vais avec mes enfants depuis qu’ils sont nés. Ça m’a paru complètement logique qu’ils m’appellent, parce qu’on se connaît, et je peux faire résonner dans les médias du coin. Je ne me pose pas de questions. On a toujours réagi sur le vif avec Tryo au cours de nos 30 années de promenades et de rencontres associatives.

Il y a eu des projets de forêts avec l’ONG Planet Urgence. Je pense aussi à l’asso de défense des animaux One Voice, ou d’un de nos morceaux pour parler des conditions animales dans les cirques. On a eu plein d’appels comme ça, d’associations, souvent autour de l’écologie, mais pas que. Et des politiques qui nous tournent autour, mais on est moins friands.

Quels sont vos derniers moments de luttes en lien avec des assos ?

 

Guiz : L’union de la gauche tout de même. On a essayé de contribuer à notre manière, dans nos secteurs respectifs, pour résister à cette montée en puissance de l’extrême droite. J’aime beaucoup SOS Méditerranée, qui sont encerclés par des gens qui veulent éteindre ce genre d’initiatives. Je parlais de Sea Shepherd, qui font un énorme travail.

« Peut-être est-il temps de passer à une vitesse supérieure et plus… radicale »

Danielito : Moi, j’habite à la campagne et je noue beaucoup de liens avec la Confédération paysanne en ce moment. Ils font un travail incroyable, et ils ont besoin de porte-voix, parce qu’ils ne sont pas majoritaires. J’ai eu la chance de rencontrer des gens qui se battent pour faire du bio. Je me sens très proche de ça, parce que j’ai découvert de l’intérieur, les agriculteurs et l’agricultrice, et leur souffrance et leurs difficultés.

Pour vos 30 ans, et aussi pour 2027 qui arrive, avec des échéances politiques importantes, que peut-on se souhaiter ? J’ai le mot radicalité en tête.

 

Christophe Mali : Ce qu’on peut nous souhaiter ? Le meilleur pour les 30 ans : la sortie de trois titres et une grande traversée à travers l’histoire de Tryo. Pour parler de radicalité, et à titre purement personnel, on a chanté des chansons engagées, et je me pose vraiment la question aujourd’hui : est-ce que tout ça a servi à quelque chose ?

Il y a des échéances électorales. Le moment n’est-il pas venu de lâcher la guitare, la plume et de se lancer dans quelque chose que j’ai combattu pendant très longtemps, qui est la politique politicienne ? C’est-à-dire de prendre vraiment son rôle de citoyen et de rentrer dans le vif du sujet de la politique, et commencer à mordre dedans plutôt que d’autres y mordent à notre place. L’heure est très grave, et peut-être est-il temps de passer à une vitesse supérieure et plus… radicale.

Manu : C’est un scoop, y compris pour nous. Christophe, tu nous tiens au courant de tes avancées, ça nous intéresse, vraiment !

À lire aussi : « L’ambiance du moment, c’est que le seul moyen qu’il va rester pour être entendus, ce sera la violence » – Cabadzi, chroniques d’une révolte en puissance

Guiz : Moi, non, ma place, je la sens plus au travers d’associations, de syndicats, de Guillaume Meurice qui est à Rennes et que je croise sur les luttes hospitalières. C’est plus mon credo. Et continuer à faire de la musique, dénoncer, balancer des valeurs, réunir les gens dans les festivals, avec des bonnes vibrations et des idées qui me semblent positives. Continuer à faire mon métier de saltimbanque.

Là, on va partir avec Manu, nos amis de Sinsemilia, H.K. et d’autres sur la fin de l’année et tout 2027 (avec le Collectif Ensemble !!!, ndlr.), en pleine foire électorale. On va essayer de passer notre message à notre manière, comme on sait le faire. Comme les nouveaux titres sur le best of de Tryo : on prend à nouveau position sur ce qui nous semble être intéressant à balancer en chanson.

Danielito : Ayant quitté mon pays à cause d’une dictature, j’ai vu le besoin un moment de passer au-delà de l’art et l’associatif. Je comprends que l’on ressent parfois le besoin d’upgrader la méthode. Fondamentalement, vu ce que j’ai vécu dans l’exil, je suis plus extrémiste et radical sur mes positions politiques et mon positionnement. Donc, je comprends ce questionnement de Christophe.

Après, c’est la mise en œuvre : quoi faire et comment sans passer par la violence et les armes. C’est un vrai questionnement par rapport à la situation dans laquelle on est aujourd’hui, et qui demande une force supérieure d’investissement pour essayer peut-être éventuellement de faire basculer les choses. Manu, tu veux répondre à cette question ?

« Tryo, ça n’a pas inversé la courbe, mais ça a été utile »

Manu : Le plus subversif, c’est de faire ce que tu veux dans la vie, de cultiver ta liberté de pensée, ta liberté d’expression et de choisir là où tu mets les pieds, et là où tu les mets pas. C’est déjà beaucoup. C’est déjà énorme. C’est ma forme de radicalité. En tout cas, dans la politique politicienne, je n’y rentre pas. Je n’ai plus confiance du tout aux jeux politiques. Ce n’est pas mon endroit.

Par contre, rencontrer les gens, parler, apprendre, rencontrer les associations, qui savent de quoi ils parlent, avoir l’esprit toujours plus ouvert, un cerveau toujours plus plein, et plein de possibilités, oui, ça, c’est chouette. C’est quoi déjà la phrase: Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ?

Guiz : Oui, et notre Ve République nous a montré que l’homme providentiel n’existe pas, alors que le collectif, quand il se met en marche, peut fonctionner.

Avec Tryo, on pourrait dire que l’idée est de donner de l’énergie à ces collectifs ?

 

Guiz : On a essayé en tout cas. Après, comme dit Christophe, parfois tu te dis : putain, à quoi ça a servi tout ça ? Mais il y a plein de gens, on les croise, ils nous disent… Quand un Aymeric Lompret dit nous avoir écouté, je me dis que si on lui a mis deux, trois petites punchlines avec cette musique, je suis ravi d’avoir accompagné ce mec-là dans sa jeunesse.

Danielito : Ça n’a pas inversé la courbe, mais ça a été utile.

Tags : CitoyennetéMusiquePolitique

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