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Small is better : la mobilisation pour la défense des petites salles résonne dans toute la France

par Pioche! Magazine
14 novembre 2025
Small is better : la mobilisation pour la défense des petites salles résonne dans toute la France

Le Gueulard Plus, à Nilvange ©ChristianBrémont

Lancée par la salle jazz Le Périscope, à Lyon, la campagne Small is better bouscule le monde de la musique avec un message clair : soutenir les petites salles de concert, c’est faire un choix politique. Aux quatre coins de la France, des artistes, des spectateur·ices et des lieux culturels relaient cet appel à construire une industrie musicale plus juste, plus écolo et au service de la diversité artistique. Pioche! leur a tendu le micro.

C’est un véritable cri du cœur que partage le Périscope cet automne : « L’avenir du live se construit dans les petites salles ». La salle de jazz lyonnaise dévoile une campagne de plaidoyer au nom évocateur – Small is better – pour défendre un modèle de diffusion de la musique à contre-courant du gigantisme et des mégaconcerts qui gagnent le secteur. Le manifeste Small is better interpelle les publics, les artistes et les professionel·les en les exhortant à « faire le choix politique » de soutenir les petits lieux.

Cette prise de position franche a immédiatement résonné aux quatre coins de la France. C’est le post instagram le plus partagé de l’histoire du Périscope, une soixantaine de structures ont relayé le manifeste Small is better (dont des réseaux européens) et certaines salles ont même placardé les affiches de la campagne sur leurs murs. Le mouvement est lancé.

« Cette campagne met des mots justes sur une réalité que l’on porte depuis longtemps ».

Plus de 60 structures s’emparent de la campagne

« Cette campagne était nécessaire, s’enthousiasme Cécile Moroux, autrice d’une large enquête sur les défis majeurs des petites et moyennes salles en Europe. Ca fait un moment que le processus de sclérose des petites salles est enclenché, on a besoin de convaincre les pouvoirs publics mais aussi l’audience pour donner envie d’investir ces lieux »

Signés par l’agence Kiblind, les visuels et les vidéos de Small is better posent des questions-clés : à quel point un concert pollue-t-il ? Pourquoi soutenir les lieux près de chez soi ? À quoi ressemble la tournée du futur ? « On a fait beaucoup d’efforts pour que notre message soit le plus clair possible et que tout le monde puisse le comprendre », explique Mathilde Sallez, coordinatrice des projets européens du Périscope.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Le Périscope – Lyon (@periscope.lyon)

Le manifeste décrit un secteur du live partagé en deux. D’un côté, le circuit des stades, des zénith et des arénas qui représente 1% des concerts mais plus d’un tiers des recettes du live. De l’autre, les festivals et salles « à taille humaine » qui offrent des espaces de création et font vivre la grande majorité des artistes.

À lire aussi : À Lyon, la petite salle jazz Le Périscope accélère la redirection écologique de la musique en Europe

Élaboré avec des chercheur·ses et une diversité de réseaux, salles et festivals européens, le manifeste amène également sur la table des arguments écologiques. Alors que les déplacements du public représentent l’écrasante majorité du bilan carbone du live, les petites salles se distinguent par leur proximité géographique avec le public. « Nos lieux favorisent les mobilités douces, les circuits courts, les collaborations locales et limitent les déplacements lourds en empreinte carbone », commente Sylvain Elie, directeur de Le Petit faucheux de Tours, SMAC de jazz de 200 places. Ce dernier explique avoir relayé la campagne car elle « met des mots justes sur une réalité que l’on porte depuis longtemps ».

« Nos lieux ont un rôle de résistance et de rééquilibrage »

En effet, nombre de petits lieux incarnent une alternative crédible et soutenable à l’accélération de l’industrie musicale. Le Périscope en a récemment fait la démonstration en fédérant des structures de son territoire d’Auvergne-Rhône-Alpes pour organiser des tournées locales d’artistes internationaux.

Toutefois, Boris Ternovsky, cofondateur et programmateur de l’association dijonnaise Sabotage regrette que ces modèles soient « passés sous silence médiatiquement car écrasés par les campagnes d’acteurs plus puissants dans l’industrie musicale ». Il soulève alors la pertinence de la campagne Small is better pour « se réapproprier les valeurs qui nous lient entre petits lieux ».

Un message clairement politique

Au-delà des arguments économiques et écologiques, c’est la dimension politique du message qui résonne chez les professionnel·les qui s’en emparent. Les structures revendiquent l’urgence de défendre la diversité artistique, la liberté de création, et de « soutenir les artistes, et pas seulement quand ils peuvent remplir un stade », dixit Boris Ternovsky. Un geste qui s’inscrit dans l’histoire subversive des esthétiques portées par ces salles : jazz, rock, musiques indépendantes…

« Notre ADN, c’est de sensibiliser le public à une forme de curiosité et d’expérimentation musicale, de permettre aux artistes de rencontrer leurs publics et de soutenir l’excellence artistique, y compris de niche, auprès des personnes de notre territoire. », soutient Emmanuelle Cuttitta, directrice du Gueulard Plus, SMAC installée dans la petite ville de Nilvange (57).

Avec Small is better, la musique est pensée au prisme des enjeux de répartition des richesses, des inégalités entre territoires ou de lutte contre la précarisation des intermittent·es du spectacle. Elle est aussi un vecteur de rencontres, de mélanges et de convivialité, autant de freins à la montée de l’individualisme et de l’extrême droite.

« Les rencontres artistiques tout en proximité sont la force des petites et moyennes jauges. »

« Dans un contexte sombre, où les logiques de concentration et d’uniformisation s’intensifient, ces lieux ont un rôle de résistance et de rééquilibrage, résume Sylvain Elie. Ce sont des espaces de rencontre, où l’on peut se voir, se revoir, se reconnaître et tisser des liens durables sur un territoire »

Lettres d’amour aux petites salles

La campagne Small is better est également l’occasion de partager des souvenirs intenses vécus en tant que spectateur·ice. « Mes premières expériences de sortie avec mes ami·es, c’était dans une petite salle à Lorient qui s’appelait le Manège, se souvient Cécile Moroux. C’est là-bas que j’ai fait mon premier slam (se laisser porter par la foule, ndlr) pendant un concert du groupe lorientais Freedom for King Kong, c’était un moment incroyable. »

À lire aussi : « On veut redonner l’envie de lutter contre les fascistes » : avec l’Orchestre du Nouveau Monde, la révolution en do majeur

De son côté, Sylvain Élie garde en mémoire nombre de « claques artistiques » et de concerts mémorables, dont un duo entre la violoniste baroque Maya Homburger et le contrebassiste Barry Guy il y a plus de vingt ans au festival Jazz à Luz où « tout le public littéralement sort de la salle ému aux larmes ».

Emmanuelle Cuttitta témoigne à son tour : « J’ai récemment été bouleversée par la chanteuse Zoé Heselton, son interprétation m’a pris aux tripes avec une impression de vivre un moment unique, le temps s’est suspendu et il y avait une forme de communion avec le public. Ces rencontres artistiques tout en proximité sont la force des petites et moyennes jauges. »

Tags : MusiquePolitique

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