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« Dépasser le militantisme ou l’urgence » : l’appel du dispositif Safer pour (mieux) lutter contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif

par Baptiste Thomasset
20 janvier 2026
« Dépasser le militantisme ou l’urgence » : l’appel du dispositif Safer pour (mieux) lutter contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif

L'équipe Safer au festival Marsatac 2024. ©IsisMecheraf

Le dispositif Safer a publié le premier livre blanc dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif. On y trouve des études et des outils à destination des organisateur·ices d’évènements. Mais aussi un plaidoyer porté par des structures de la culture et de la sécurité en faveur d’une « politique publique structurée » sur le sujet.

Leurs chasubles fluos font désormais partie du paysage des festivals. Les maraudes d’intervention contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), comme les affiches et les stands de prévention, se sont imposées en quelques années comme indispensables pour organiser une fête safe. À tel point qu’en 2024, plus d’un·e festivalier·e sur quatre estimait que l’absence de dispositif de lutte contre les VSS pourrait compromettre sa participation à un événement.

« La lutte contre les VSS ne doit plus reposer sur le militantisme ou sur l’urgence »

Derrière ces dispositifs, on retrouve des associations à la croisée entre la culture, la réduction des risques (RDR) et la sécurité. C’est le cas de Safer qui propose depuis 2021 une application mobile pour signaler des comportements problématiques, directement reliée à des équipes de maraude sensibilisées pour accompagner les victimes et témoins vers les profesionel·les présent·es sur place. Un dispositif porté par Orane, l’association organisatrice du festival Marsatac depuis 25 ans.

C’est cette structure qui publie cet automne le premier livre blanc dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif. Un document de 120 pages qui plaide désormais, après les stands et les chasubles, pour une professionnalisation du sujet. « La lutte contre les VSS ne doit plus reposer sur le militantisme ou sur l’urgence », résume Justine Noël, responsable de Safer.

Construire des ponts entre culture et sécurité

Cette conclusion s’est forgée à la suite d’un cycle de rencontre, réunissant une centaine de professionel·les au printemps 2025. Dans le lot, des structures peu habituées des raouts de la culture : les agences de sécurité  « Nous sommes pourtant le premier visage que le public rencontre, rappelle Christophe Denoyelle, dirigeant de l’entreprise Step by step sécurité, spécialisée dans l’évènementiel. Et nos agents sont aussi les premières personnes vers qui se tourner en cas de soucis, notamment en cas de VSS ».

À lire aussi : Marsatac 2024 : comment avancer sur l’accessibilité des festivals ?

Pourtant, les agences de sécurité restent trop souvent cantonnées à un rôle de prestataire. Voire à une « variable d’ajustement dans le budget », pointe Christophe Denoyelle. C’est donc aux organisateur·ices d’évènements d’établir une autre forme de coopération. Et ce, sans « comportement dominant », ni « reproduire un biais classiste », complète Aurélie Berducat, coordinatrice de l’écriture du livre blanc.

Au moment de signer un contrat, organisateur·ices et agences de sécurité devraient prendre le temps de définir un projet commun pour la sécurité de l’événement, prenant en compte les VSS. « Il y a tout un travail à faire pour construire des ponts entre deux mondes qui ne se connaissent pas et qui n’ont pas de langage commun », complète Aurélie Berducat.

« La lutte contre les VSS est un métier à part entière »

Pas question toutefois de demander aux agences de sécurité de porter seules des dispositifs. « La lutte contre les VSS est un métier à part entière », affirme Justine Noël, pour qui l’expertise des structures spécialisées comme Safer ou Les Catherinettes est indispensable.

Co-rédigé avec les participant·es au cycle de rencontres, le livre blanc appelle plutôt à rendre systématique un fonctionnement à deux structures – une dédiée à la sécurité, une spécialisée sur la lutte contre les VSS. « Nous sommes complémentaires. Lorsqu’une situation est signalée, l’équipe de maraude prend en charge la victime, tandis que les agents de sûreté assurent leur protection et prennent en charge l’agresseur présumé », explique Christophe Denoyelle, qui précise que le recours à des dispositifs spécialisés reste encore très minoritaire dans le monde de la fête.

À lire aussi : Nuits sonores 2024 : la fête safe existe-t-elle ?

Alors, si le livre blanc plaide pour intégrer un module dédié à la lutte contre les VSS dans la formation professionnelle des agent·es de sûreté, c’est d’abord aux organisateur·ices de se hisser à la hauteur des enjeux. « On ne peut plus se contenter de dispositifs associatifs, portés à côté de l’évènement, la lutte contre les VSS doit être intégrée dans l’organisation », plaide Justine Noël.

« La lutte contre les VSS doit être intégrée dans l’organisation »

La fin des bonnes intentions

En ce sens, le livre blanc a été pensé comme un « guide à destination de toutes les structures qui se demandent comment faire mieux », selon Aurélie Berducat, coordinatrice du cycle de rencontres et de l’écriture du livre blanc. Le document recense une multitude d’outils concrets destinés aux organisateur·ices – à commencer par la nomination de référent·es internes « égalité et VSS » ou la mise en place d’un cahier des charges incluant la lutte contre les VSS à proposer aux agences de sûreté.

L’ambition à terme, que la lutte contre les VSS soit obligatoire, au même titre que la prévention des autres actes malveillants, des risques incendie ou la présence d’un poste de secours. Soit une vraie (r)évolution des normes de sécurité de l’évènementiel, que Safer et ses partenaires appellent de leurs vœux. « Il faut sortir d’une logique de bonnes intentions pour arriver à une politique publique structurée », résume Justine Noël.

À lire aussi : « La fête permet à des personnes très différentes de tisser des alliances pour fomenter des projets communs » – Arnaud Idelon

« On a créé des métiers qui correspondent à des besoins, il faut maintenant structurer une filière qui doit s’inscrire au cœur des politiques publiques de manière engagée et pérenne », poursuit Justine Noël, qui souligne les besoins croisés de formation, de conseil et de présence sur le terrain. C’est à cette fin qu’à la fin 2025, Safer s’est entouré de ses  partenaires – Les Catherinettes, La Petite, Serein·es, Les Établi·e·s et Consentis – pour fonder une Fédération nationale des structures de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et discriminatoires. Prochaine étape : initier un groupe de travail interministériel (entre le ministère de la Culture et le ministère de l’Interieur) autour de la prévention, la sûreté et la formation.

Tags : FestivalInclusionVSS

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