Au Domaine de Chaumont-sur-Loire, l’art vient sublimer la nature. Dévoilée par Chantal Colleu-Dumond, commissaire des expositions, la programmation de cette nouvelle saison d’art vient magnifier les allées des 35 hectares de parc avec l’exposition d’œuvres d’artistes internationaux. Et c’est sans compter la démarche intrinsèquement écologique que le Domaine souhaite insuffler à ces collections.
Le printemps revient, et avec lui, son lot de rendez-vous culturels en plein air. Dans cette lignée d’événements printaniers : l’ouverture de la saison culturelle du Domaine de Chaumont-sur-Loire, près de Tours, immanquable des amateurs d’arts engagés. Comme chaque année, des œuvres spécialement conçues pour le site sont exposées et visibles dès ce 29 mars et jusqu’au 2 novembre.
Une saison culturelle, qui, à l’instar des précédentes, contribue à une véritable réflexion sur l’écologie et le changement climatique au travers de la création artistique. Ainsi, la déambulation interroge : faisons-nous assez attention à la nature qui nous environne ? Faut-il passer par l’art pour accéder à la nature ?
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Renouer avec la nature
Le Domaine invite plusieurs artistes à la grande notoriété. Parmi les acteurs de cette édition : l’artiste peintre Fabienne Verdier qui travaille sur les énergies qui circulent autour de nous, la photographe Sophie Zénon ou encore Claire Trotignon, artiste talentueuse qui compose des dessins en collages. Un laboratoire de nouvelles conceptions toutes plus originales les unes que les autres.
Parmi les œuvres d’art remarquables de cette année figure l’installation forestière du duo G&K. Inspirée de la dernière forêt vierge d’Europe, l’œuvre est immersive et éveille tous les sens. Chantal Colleu-Dumond, commissaire de l’exposition, développe : « On est quasiment plongé dans une forêt, à la fois visuelle et sonore. Cela permet d’avoir une réflexion sur la connexion nécessaire que nous devons avoir avec la nature ».
Autre artiste mis en avant : Vincent Laval. Il se décrit lui-même comme « amoureux des arbres avant tout » et retranscrit cet amour au travers son geste artistique. Pour Chaumont-sur-Loire, il livre une étonnante cabane, structure en assemblage de branches de châtaigniers. Ce sont ses marches régulières dans la forêt de Carnelle, à 25 km au nord de Paris, qui nourrissent son travail.

Pour cette création, il a récolté les branchages lors de balades en forêt et les a choisis méticuleusement, en ne sélectionnant que ceux tombés au sol. La cabane devient alors un symbole positif entre l’humain et son environnement, cocon propice au recueillement et à la réflexion. « La cabane nous relie au temps, à la vie et à la Nature dans sa diversité », énonce l’artiste.
Ancrage dans un patrimoine historique
Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le Domaine de Chaumont-sur-Loire souhaite également mettre au jour la beauté du patrimoine culturel dont regorge le domaine. En effet, ce lieu singulier dans le circuit des châteaux de la Loire s’impose comme un écrin pour imaginer et développer l’écologie de demain. Avec pour souhait de susciter un rapport à la nature plus respectueux, plus créatif.
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Le Domaine met par ailleurs l’accent sur les pratiques écologiques dans sa gestion des jardins, notamment l’arrosage nocturne, l’absence de pesticides et le recyclage des plantes à la fin de la saison. « L’histoire de Chaumont, s’inscrit depuis une quinzaine d’années dans un mouvement très écologique », affirme Chantal Colleu-Dumond.
Des contes aux jardins
En plus de ces œuvres visibles dès le 29 mars, le Domaine ouvrira, à partir du 19 avril, son célèbre Festival international du jardin, qui a lieu annuellement depuis 1992. Thématique cette édition : le conte. « Et si le conte nous libérait de la réalité d’un monde souvent difficile, par le biais de récits imaginaires et de décors fantastiques ? » feint de s’interroger Chantal Colleu-Dumond, commissaire des expositions.

« Cette thématique est très intéressante puisque j’estime qu’il est important de pouvoir parler des vérités du monde et du sens profond de la vie à travers le médium du conte. Par exemple, on parle du mensonge par le biais de l’histoire de Pinocchio. » À travers une double lecture, il est ainsi possible de parler aux petits et aux plus grands. Une saison qui prouve à nouveau que la nature est l’espace propice pour faire passer des messages inspirants. Une nature peut ainsi devenir art, et inversement. Le rendez-vous est pris.






