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Comment le changement climatique et ses conséquences obligent à repenser le voyage

par Simon Adolf
18 janvier 2023
Comment le changement climatique et ses conséquences obligent à repenser le voyage

Le festival Green Orizonte aura lieu en 2023, en Corse.

Le changement climatique et ses conséquences obligent à repenser le voyage. L’entrepreneur et consultant spécialiste du développement durable Emmanuel Delannoy, explique, en marge du lancement du festival Green Orizonte qui aura lieu en octobre 2023 en Corse, dans quelle direction doit se diriger le secteur, pour un avenir soutenable.

Combien de nos ancêtres ont pu voyager ? Encore un siècle auparavant, pouvoir quitter son lieu de naissance était une chose exceptionnelle à l’échelle de la vie d’une personne. Se déplacer coûtait cher, était dangereux et impliquait d’avoir du temps libre incompatible avec la vie des classes laborieuses. La mondialisation a complètement désacralisé le voyage, rendant la pratique accessible à toute une catégorie de population ne pouvant qu’en rêver auparavant.

Un siècle plus tard, les transports émargent à la quatrième place des activités humaines qui émettent le plus de gaz à effet de serre, avec 14 % du total. Un motif légitime pour se poser la question de la pertinence du voyage. Le consultant et entrepreneur Emmanuel Delannoy réfléchit à ces sujets depuis de nombreuses années. Dans le cadre de l’annonce du festival Green Orizonte, qui aura lieu en octobre 2023 en Corse et a pour thème le tourisme durable, il a accepté de répondre aux questions d’Émeline Bartoli, sur l’avenir du tourisme, entre modèle à trouver et mentalités à changer.

Faire transitionner le tourisme, qu’est-ce que cela signifie ?

Emmanuel Delannoy : Ces derniers temps, le mot « transition » est très utilisé dans le débat public. Il flotte de manière imprécise, mais il dispose d’une définition claire. Il s’agit du passage d’un état à un autre. Cela suppose d’abord de faire un diagnostic, un constat partagé entre tous les acteurs d’un domaine. Il va permettre de définir notre point de départ. L’étape suivante, c’est de réaliser un travail de prospective partagé. Cela permet donc de déterminer un point de départ. Tant que ce travail n’est pas effectué, on ne peut pas vraiment parler de transition.

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Au-delà de cette transition, on peut également évoquer l’idée d’un tourisme de régénération. Ces dernières années, les effets du changement climatique se sont amplifiés, et réduire l’impact des humains sur l’environnement n’est plus suffisant. L’économie doit réparer les dégâts qui ont été causés.

À quoi pourrait ressembler ce tourisme régénératif, dans les faits ?

Le tourisme peut avoir pour conséquence d’abîmer ce sur quoi il repose, à savoir les paysages, la biodiversité, l’héritage culturel et humain. Régénérer, cela signifie prendre soin de ce socle sur lequel repose le tourisme. On pourrait par exemple imaginer qu’une partie du budget de voyage des individus soit collecté pour servir à la restauration des sites. Les touristes pourraient même donner de leur temps pour participer à des chantiers collaboratifs.

Le tourisme devra également avoir des retombées économiques positives sur son territoire. Le modèle actuel, dans lequel des personnes à fort pouvoir d’achat consomment des biens produits à l’autre bout du monde sur leur lieu de vacances, ce n’est pas soutenable.

Un retour à l’idée de voyage peut-il être l’avenir du tourisme ?

Emmanuel Delannoy : Voyage et tourisme sont souvent mis en opposition. Le premier terme porte une charge symbolique très importante, avec une mythologie de l’exploration. Personne ne qualifierait Sylvain Tesson de touriste ! Or, chaque touriste se voit un peu comme un·e voyageur·euse. Pour en revenir à la question, on pourrait complètement imaginer une société dans laquelle les humains ne se déplacent plus, mais cela serait triste d’en arriver là. Le climat va avoir un effet sur nos manières de voyager, mais également nos raisons de nous déplacer.

Devons-nous vivre dans un monde dans lequel les marchandises voyagent, mais pas les humains, ou bien l’inverse ? Côté bilan carbone, les deux hypothèses sont à peu près équivalentes, mais en termes d’épanouissement des individus, la deuxième solution est bien plus souhaitable Nous vivons dans une société de ségrégation des moments. Il y a des instants dédiés au travail, au repos ou au voyage, et le tourisme de demain pourrait être un moment de mixité entre tous ces temps.

Tags : CitoyennetéEnvironnementInterviewTourisme

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