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Deux Français ont créé le premier réseau social dédié au monde de l’agriculture, Farmr

par Jean-Paul Deniaud
13 février 2021
Les deux fondateurs de Farmr : Thomas Camboulive (à gauche), Baptiste Létocart (à droite) ©Farmr

Les deux fondateurs de Farmr : Thomas Camboulive (à gauche), Baptiste Létocart (à droite) ©Farmr

Le digital serait-il le remède à la solitude des agriculteurs ? C’est le pari de Baptiste Létocart et Thomas Camboulive. Les deux trentenaires ont créé Farmr, le premier réseau social dédié aux exploitants agricoles qui, fort d’une communauté de 6 000 paysans, veut recréer du lien social au cœur des champs.

Alors que, depuis les années 2000, la population rurale augmente plus vite que celle des villes, notamment dans les territoires périurbains, le quotidien des agriculteurs est souvent synonyme de solitude. Charges de travail importantes, mécanisation des outils et disparition des cafés entraînent l’isolement parfois tragique du monde paysan. À l’heure du digital, et alors que 80 % des exploitants agricoles utilisent chaque jour le web et les réseaux sociaux pour leur activité, le remède serait-il en ligne ?

« Aujourd’hui, le premier réflexe d’un agriculteur, c’est Internet »

Baptiste Létocart et Thomas Camboulive en sont convaincus. Sur Farmr, le réseau social uniquement réservé aux agriculteurs qu’ils ont lancé à l’été 2019, 6 000 exploitants ou ouvriers agricoles sont désormais en contact pour échanger bonnes pratiques, petites annonces, photos de cheptels, portraits vidéo et autres selfies au milieu des champs. Pour les deux trentenaires, cette nouvelle communauté en ligne permet de recréer du lien social autour des valeurs d’échange et de partage d’expérience du monde agricole d’antan, tout en accélérant les transformations du secteur.

« Farmr a été pensée pour parler à tous les agriculteurs et de toutes les agricultures », confirme Baptiste Létocart. Agriculteurs conventionnels, néo-ruraux ou céréaliers peuvent s’y croiser, et suivre les sujets postés par les uns ou les autres via un système de hashtags. Objectif pour les deux fondateurs : que l’information soit partagée le plus librement possible. « L’idée est de ne pas stigmatiser les uns ou les autres, pointe Baptiste Létocart, au contraire : on est convaincu que ce sont les échanges qui seront créateurs de changement ». D’autant que le paysan d’aujourd’hui est déjà un habitué de ces nouveaux outils.

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Les paysans connectés

« Aujourd’hui, le premier réflexe d’un agriculteur, c’est Internet », atteste Baptiste Létocart. Suivi météorologique, demandes de subventions, réseaux sociaux traditionnels : le monde paysan est connecté. Jusqu’à 70 % des agriculteurs étaient équipés d’un smartphone en 2019, selon une enquête d’Agrinautes, et 30% d’entre eux se rendent au moins une fois par jour sur les réseaux sociaux. Malgré tout, selon les fondateurs de Farmr, faux profils et trolls font de l’usage des groupes Facebook une solution non pertinente pour les exploitants.

Sur le quart de profils actifs sur Farmr, plus de la moitié sont des femmes.

Pour limiter ces pratiques, Farmr demande à chaque nouvel entrant de renseigner le nom de son exploitation pour s’enregistrer. Une manière de préserver la communauté des démarchages commerciaux, et pour les agriculteurs d’échanger en toute confiance, entre professionnels. « C’est essentiel pour nous que chaque utilisateur sache vraiment à qui il s’adresse ou à qui il répond pour mieux échanger l’information, des conseils ou encore des ressources au sujet de problématiques communes », explique Baptiste.

À la croisée d’un Facebook, d’un Twitter et d’un LinkedIn, la plateforme propose ainsi au paysan des informations sur la gestion d’activité, l’innovation, l’optimisation de la production ou l’actualité agricole, en fonction de ses centres d’intérêt et de ses « amis ». Le tout gratuitement : « 30% des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois, il est inimaginable de la faire payer pour ce service » indique Baptiste Létocart.

Après le lancement en début d’année de Farmr Jobs, un service permettant de poster son annonce sur le réseau, puis, depuis ce jeudi 12 novembre, de l’arrivée de revues spécialisées pour mieux informer ses membres, Farmr prépare désormais son application mobile, attendue pour 2021. De nouveaux services à nouveau d’abord pensés pour le quotidien des agriculteurs, et des agricultrices : sur le quart de profils réellement actifs postant régulièrement sur la plateforme, plus de la moitié sont des femmes.

Tags : AgricultureMode de vieTechnologie

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