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« Par 43°C, on ne peut plus faire la fête, donc ça va nous toucher toutes et tous »

par Jean-Paul Deniaud
21 septembre 2022
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©Jacob Khrist

Tournées responsables, NFT, transport des publics… Cette année encore, la Paris Electronic Week – du 21 au 24 septembre au Parc de la Villette – portera la thématique environnementale au cœur de sa programmation. Un signal fort pour un événement d’abord consacré au développement des musiques électroniques. On en parle avec Tommy Vaudecrane, président de Technopol, l’association organisatrice.

Dès demain et jusqu’à dimanche, la grande convention Paris Electronic Week (alias « la PEW ») convoque professionnels et grand public au Parc de la Villette (Paris 19e) pour imaginer la musique – et plus largement la culture – de demain. Avec cette 10e édition, le réseau national Technopol, également derrière Techno Parade, vise une fois encore la structuration de cet enfant terrible de la musique que sont les musiques électroniques.

Parmi les dizaines de rencontres, ateliers et débats prévu ce week-end, Pioche! propose une série de rencontres pour imaginer les futurs écologiques de la musique. Dès jeudi et jusqu’à samedi, on y réfléchira entre autre à l’impact écologique des NFT et de la blockchain, des tournées internationales, et d’une certaine « clause d’exclusivité » qui crispe écologistes et  professionnels…

L’occasion de discuter de la place des questions environnementales pour le secteur des musiques électroniques avec Tommy Vaudecrane, président de Technopol.

Parmi les sujets abordés à la Paris Electronic Week cette année, la question de l’écologie occupe à nouveau une grande place…

Tommy Vaudecrane : Parce que c’est une priorité pour la planète. L’écologie, ce n’est pas de la politique, c’est une nécessité absolue pour que l’on continue à vivre dans de bonnes conditions. C’est une priorité pour tout secteur d’activité, et ça doit être le fil conducteur permanent de nos actions et de nos réflexions dans les musiques électroniques.

À lire aussi : « Pour faire sa transition écologique, le monde de la culture doit accepter de ralentir »

Pendant le confinement, on a mis en place un cycle de conférences en ligne appelé Danser Demain. On a aussi assisté à la présentation de Samuel Valensi du Shift Project, dans le cadre de l’Appel des indépendants. Ça a été un déclic. On s’est rendu compte qu’il y avait un chantier énorme. On est une scène engagée, mais on ne se rend pas compte de l’impact depuis la production à la diffusion, jusqu’au streaming via les serveurs, les NFT…

La Paris Electronic Week, c’est le moment où l’on peut réfléchir à des solutions pour adapter nos modes de fonctionnement, notre écosystème, afin d’être le plus en phase possible avec les enjeux écologiques. Et où confronter le public à ces sujets par des conférences, des ateliers, et en communiquant. Parce que par 43°C, on ne peut plus faire la fête. Donc ça va nous toucher toutes et tous, dans tout ce qu’on fait.

Le sujet de l’impact écologique est-il bien compris, et mis en chantier, par les acteurs des musiques électroniques ?

Nous travaillons sur la question de circuits-courts artistiques, en développant des tournées types, des outils de calcul d’émissions de CO2.

Aujourd’hui, la prise de conscience est quasiment générale, surtout chez la jeune génération. Maintenant, beaucoup ont besoin de solutions adaptées à leur métier. Ce seront des transitions sur 5 ou 10 ans, le temps que toute la chaîne soit consciente, que les solutions efficaces existent, et que les pratiques changent. Sur des très gros line up, c’est difficile d’une année à l’autre que plus aucun artiste ne voyage en avion, ou que les groupes électrogènes ne fonctionnent plus au pétrole.

C’est difficile d’une année à l’autre de changer les modes d’alimentation sur les événements, de remplacer des technologies trop consommatrices d’énergie. C’est donc le rôle de réseaux comme le nôtre de réfléchir avec tout le monde à des solutions pratiques, faciles à mettre en œuvre pour que l’on passe d’un discours anxiogène à une nouvelle manière de fonctionner.

À lire aussi : « Les tournées internationales sont souvent trop courtes pour être soutenables »

Technopol accompagne-t-il déjà les acteurs, artistes, organisateurs, à être plus éco-responsables au sein de la scène électronique ?

Chez Technopol, on essaie de pousser ces sujets et d’apporter des solutions et des idées. Cela peut prendre la forme de cycles de formation autour de la construction de décors, en utilisant de la récupération, en passant par des ressourceries créatives. Nous travaillons aussi sur la question de circuits-courts artistiques, en développant des méthodologies, des tournées types, des outils de calcul d’émissions de CO2. L’objectif est d’aller un petit peu plus loin pour ceux qui veulent faire mieux.

Retrouver toutes les informations et le programme « écologie » de la Paris Electronic Week, du 21 au 24 septembre au Parc de la Villette, et réserver sa place.

Tags : FestivalInterviewMusique

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