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« Les festivals sont les précurseurs de l’éco-responsabilité dans le milieu de la culture » – Emmanuel Négrier

par Jean-Paul Deniaud
6 janvier 2022
We Love Green We Love Green Roselyne Bachelot Emmanuel Negrier CNRS Culture

© We Love Green

Début décembre, Roselyne Bachelot a présenté la nouvelle stratégie du ministère de la Culture en faveur des festivals. Une nouvelle politique construite sur trois piliers : une cartographie des festivals par régions actualisée tous les 3 ans, la mise en place d’une « charte de développement durable » pour les festivals, et une redéfinition du soutien de l’État aux festivals, « plus clair et cohérent ».

Cet entretien a initialement été publié dans notre newsletter. Inscrivez-vous gratuitement et lisez nos prochains articles en avant-première.

Alors que l’impact des festivals sur l’environnement est loin d’être neutre, Pioche! a échangé avec Emmanuel Négrier, politologue et chercheur au CNRS, co-auteur de l’étude Festivals, territoire et société sur ces annonces. Contrepoint.

Emmanuel Negrier CNRS
Emmanuel Négrier

Votre étude a permis de cartographier quelque 10 000 festivals en France. Quel degré de sensibilité ont-ils aujourd’hui de l’enjeu climatique ?

Emmanuel Négrier : Les festivals sont sans doute déjà des précurseurs des comportements éco-responsables, ne serait-ce que parce qu’ils héritent souvent d’un lieu qu’ils doivent ensuite restituer dans l’état où ils l’ont trouvé. Cela oblige par exemple à tenir compte de la question des déchets de manière plus sensible qu’un théâtre de ville. Mais il y a encore une grande marge de progression pour arriver à une prise de conscience stratégique, et mettre les priorités aux bons endroits.

À lire aussi : Pourquoi la culture doit devenir un puissant « moteur de la transition écologique »

Beaucoup de festivals pensaient par exemple qu’il suffisait de passer des gobelets en plastique au carton recyclable pour réduire leur empreinte carbone. Avec un diagnostic plus précis, ils seront en mesure d’identifier les véritables gisements d’actions, notamment du côté des mobilités. Les enjeux sont parfois perçus comme contradictoires. Pour un festival de musique du monde, il est difficile de mettre en balance l’importance de l’accueil des artistes et du renouvellement des esthétiques avec la réduction de l’empreinte carbone, ou il ne faut plus prétendre organiser de festivals de musique du monde.

Conditionner l’aide de l’État au respect d’une charte de développement durable, est-ce la solution pour amener les festivals vers plus d’éco-responsabilité ?

La charte constitue une source d’encouragement à agir.

Notre étude montre que le monde des festivals, basé sur une économie mixte, a besoin de subventions pour se développer. Cette nouvelle aide de 10 millions d’euros est donc d’abord une bonne nouvelle. La charte va ensuite constituer une source d’encouragement à agir, et va continuer à faire des festivals les précurseurs de ce qui peut être appliqué par les acteurs culturels en général.

Chacun vous dira par contre que cela n’est évidemment pas suffisant pour effectuer cette transition, surtout dans cette période mouvementée. L’initiative ne sera pertinente que si on laisse du temps aux festivals pour s’adapter, car beaucoup ne pourront pas atteindre ces objectifs du jour au lendemain.

À lire aussi : « Ce sont les histoires culturelles qui permettent de remporter les batailles politiques » (On Est Prêt)

Selon cette charte, les festivals ont 3 ans pour mettre en œuvre au moins six objectifs : trois à la signature de la charte, et trois de plus au bout des 3 ans. Est-ce la bonne méthode ?

N’introduisons pas ici une source d’inégalité entre petits et gros festivals.

Je plaide largement en faveur d’une progressivité. Tous les éléments d’accompagnement n’ont pas été annoncés et la production de diagnostics, qui permet d’analyser l’empreinte carbone de son festival, coûte de l’argent. Les très nombreux petits et moyens festivals auront-ils les moyens de réaliser ces diagnostics et d’agir à court terme, rien n’est moins sûr.

Même si l’on sait que dix festivals de 5 000 entrées ont une empreinte carbone largement moins importante qu’un festival à 50 000, n’introduisons pas ici une source d’inégalité entre petits et gros. Dans le secteur culturel, cela peut faire des ravages.


Les dix objectifs de la Charte de développement durable pour les festivals

  • Mobilités douces et actives.
  • Maîtrise des consommations d’énergies et de fluides
  • Alimentation responsable
  • Gestion responsable des déchets
  • Achats durables et responsables
  • Respect des sites naturels, espaces verts et biodiversité
  • Mieux vivre ensemble
  • Impacts économiques et sociaux
  • Management responsable
  • Sensibilisation en matière d’éco-responsabilité

Télécharger la Charte de développement durable des festivals. Télécharger les Principes d’engagement de l’État en faveur des festivals.

Tags : ÉconomieFestivalPolitiqueTransition écologique

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