À quoi ressemblera la vie en France avec un dérèglement climatique mondial de +2°C ? Des dizaines d’études répondent à cette question à l’aide de données scientifiques qui détaillent les conséquences sur l’agriculture, la santé, les transports, la biodiversité… Mais ces études, aussi indispensables soient-elles pour favoriser l’adaptation et la résilience, restent souvent confinées aux sphères des expert·es du sujet.
Pour s’adresser au grand public, BL évolution, société coopérative de conseil en transition écologique, a écrit six nouvelles qui racontent la vie quotidienne dans un monde à + 2°C. Elles nous racontent le périple de Richard entre Paris et Carcassonne perturbé par les éléments, le week-end de Mia marqué par le retour de la neige en moyenne montagne ou encore l’arrivée de Soan sur l’île de Tahiti, menacée par la montée des eaux.
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Le quotidien derrière les chiffres
Ces courts récits de fictions rendent le bouleversement climatique plus tangible que jamais. Les canicules, la crise de l’énergie ou l’effondrement de la biodiversité sont racontés à travers le vécu des personnages, leur quotidien et leurs émotions. « L’objectif était de rendre la question climatique moins technique en faisant sentir et ressentir les conséquences du réchauffement » explique Orléna Afkerios, consultante pour BL évolution et co-autrice des nouvelles.
« Dans la nouvelle Les larmes sèches on a voulu montrer qu’il y a la Provence de Marcel Pagnol, plus rocailleuse qui gagne du terrain sur la Provence de Giono, plus montagneuse » illustre Baptiste Salmon, doctorant en aménagement du territoire, lui-même originaire de Provence.
Et au-delà des paysages ou des aléas climatiques, les récits donnent à lire une certaine évolution des liens entre citoyen·nes et le développement d’autres formes d’organisation économique comme les coopératives agricoles. On comprend aussi, en creux, que le dérèglement climatique accroit les inégalités en affectant d’abord les personnes et les territoires déjà vulnérables.
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Dans cet exercice, la rigueur scientifique n’est pas passée à la trappe. Chaque projection, de l’apparition de taxi autonome à la multiplication des feux de forêts, est accompagnée d’une jauge de confiance allant de « confiance élevée » à « fiction », permettant aux auteur·ices de préciser le niveau de probabilité que cet évènement arrive, tout en citant leurs sources.
« Les histoires ne sont pas particulièrement catastrophistes, mais elles ne sont pas particulièrement désirables non plus. On voulait vraiment montrer, en restant au plus près de la réalité scientifique, qu’un réchauffement de 2°C n’est pas un objectif vertueux, qu’il faut être plus ambitieux·ses » conclut Baptiste Salmon.
Les six récits de La France à 2°C sont à découvrir sur le site de l’initiative.