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Planète House : quand danser en club permet (aussi) de protéger la forêt

par Jean-Paul Deniaud
30 avril 2024
Planète House : quand danser en club permet (aussi) de protéger la forêt

©PlanèteHouse

Oubliez les bottes, les pelles et les pioches : aux soirées Planète House, organisées dans divers lieux de Paris par l’équipe du club Sacré, il suffit de danser pour protéger les forêts. Et même se mettre sur guest list permet de prendre soin des arbres. Pull-up.

Il a connu ses heures de gloire sous le nom de Social Club. Le célèbre club électro de la capitale a changé de nom quelques fois, et c’est désormais sous l’enseigne Sacré que le 142 rue de Montmartre reçoit depuis 5 ans les virtuoses de la house comme les fines fleurs du clubbing d’avant-garde. Tout en offrant une plateforme d’expression unique à ses 12 DJ et co-programmateur·ices résident·es.

Engagé, le Sacré s’était fait fort, pendant le confinement, de proposer aux artistes son club en dormance et son matériel professionnel en lançant la Sacré Radio, devenue à la sortie du Covid une série d’événements hors les murs. Dernière initiative en date par l’équipe en charge : Planète House, une soirée où l’on vient danser, mais aussi soutenir l’association de défense des forêts et de leurs habitant·es Cœur de forêt. On en parle avec Martin Munier, cofondateur et dirigeant de Sacré.

Comment est né le concept Planète House ?

Martin Munier : Aujourd’hui, on a changé de nom pour Planète House, avec l’ambition d’organiser des fêtes hors les murs avec de la musique house, qui fait partie de notre ADN, tout en sensibilisant à l’écologie. On n’est pas du tout dans une logique de compensation carbone ou d’événements « zéro carbone », ce qui est malheureusement impossible. Notre démarche, c’est plutôt de soutenir l’association Cœur de forêt, dont on aime le travail.  

Comment les soirées Planète House permettent-elles aux fêtard·es de s’engager à leur échelle ?

L’idée, c’est d’impliquer notre communauté dans le succès de nos événements et grâce à elle, de lever de l’argent pour l’association. En gros, lorsqu’une personne intéressée achète un billet, elle reçoit un mail de confirmation qui lui propose de devenir ambassadrice de cet événement. Si elle accepte, un lien lui est alors communiqué et elle peut le partager : chaque fois qu’un·e de ses potes achète un billet, elle récupère 10% de remise. Dans le même temps, 10% sont cumulés pour l’association. Ce n’est pas rien comme investissement pour nous, puisque cela peut représenter jusqu’à 20% du montant total de la billetterie. 

Les personnes qui veulent s’impliquer permettent de lever un peu d’argent pour une association et de faire la fête pour une bonne cause

On s’est posé la question à un moment de verser 1€ sur le prix des billets, parce qu’on s’est dit que le dispositif manquait peut-être de clarté. Mais on perdait l’implication de la communauté, le sentiment de participation. Le risque était que les gens pensent que l’on augmentait juste d’1 euro le prix de leur billet. Alors que là, c’est une vraie action commune.

Rien n’est imposé : on peut acheter son billet comme pour n’importe quel autre événement. Mais pour les personnes qui veulent s’impliquer parce que le message leur plaît, ça permet de lever un peu d’argent pour une association et donc de faire la fête pour une bonne cause.

Les associations de préservation des forêts sont nombreuses, pourquoi avoir choisi Cœur de forêt ? 

C’est une association qui existe depuis presque 20 ans. Le cœur de ses projets, c’est la régénération et la préservation de la biodiversité. Elle n’est pas dans une approche « 1 € = 1 arbre planté ». Elle propose tout un accompagnement, non seulement botanique, parce qu’il ne suffit pas de planter des arbres, il faut les entretenir et s’en occuper, mais aussi social, en éduquant les gens à préserver les forêts.

Quasi 80% des forêts françaises sont détenues par des propriétaires privés qui ne sont même pas au courant de ce qui se passe sur leur terrain parce qu’ils n’y vont qu’une fois tous les six ans. Alors l’association essaie de les sensibiliser grâce à des gens sur le terrain, en France et un peu partout dans le monde. 

Vous expérimentez par ailleurs un dispositif de « liste d’invitation payante » pour soutenir l’association, comment fonctionne-t-il ?

Depuis la rentrée de septembre, on a mis en place au club Sacré un format de guest list payante à un prix symbolique de 3,50 euros. Hormis les 50 centimes de frais de la plateforme, la totalité de la somme est redistribuée à Cœur de forêts. Ce lien privé est envoyé à tous·tes les artistes programmé·es, à leurs potes et aux nôtres. 

À lire aussi : « Par 43°C, on ne peut plus faire la fête, donc ça va nous toucher toutes et tous »

Depuis septembre, on est pratiquement à 8 000 € récoltés. Ce qu’on voulait en lançant le dispositif, c’est qu’à la fin de la saison fin juin, on puisse aller voir Cœur de forêt avec un énorme chèque en carton genre : « Salut, voilà 10 000 € pour vous grâce à toutes les guest lists de l’année ». Tout le monde y gagne : ça nous évite d’avoir 4 000 personnes qui demandent à être sur liste pour finalement ne pas venir, et tout le monde peut aider l’association à recevoir des fonds. 

Se rendre à la prochaine Planète House le 7 mai prochain sur la barge Le Mazette (Paris).

Tags : AssociationForêtMusiqueTransition écologique

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