Le futur Manta © The SeaCleaners

À l'aventure

Le navigateur Yvan Bourgnon a imaginé un immense voilier pour collecter les déchets plastiques en mer

By Calixte de Procé

January 27, 2021

Chaque minute, 17 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les océans. L’ONU est formelle : si aucune mesure n’est prise, en 2050, il y aura plus de déchets plastiques que de poissons dans les océans.

Partant de ce constat, l’aventurier et navigateur Yvan Bourgnon a créé l’association The SeaCleaners en 2016. Et pour agir au quotidien contre la pollution plastique, celui que l’on appelle parfois le Gladiateur des mers a réfléchi à un catamaran capable de collecter les déchets en mer et le long des côtes.

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Après trois ans de recherche et de développement, Yvan Bourgnon a présenté la dernière version de ce futur bateau, le Manta. Un immense « bateau-usine » de 56,5 mètres de long pour 26 mètres de large, capable de collecter entre une et trois tonnes de déchets par heure. Usine car le Manta sera également capable de gérer à bord 100% des déchets plastiques collectés. Ils seront triés, traités et transformés en énergie.

Sur le pont, le plastique transformé en énergie

Ainsi, ces déchets permettront au Manta de fonctionner « 75% du temps en moyenne de manière autonome, sans utiliser d’énergie fossile ». Le reste du temps, la propulsion du navire sera assurée par un système hybride combinant 1 500 m² de voiles et près de 500 m² de panneaux solaires.

Le navire interviendra principalement en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, sur « des secteurs stratégiques où la pollution plastique marine est particulièrement dense : zones côtières, rivières, embouchures des grands fleuves et estuaires ». Le Manta sera en opération 300 jours par an. Chaque mission durera jusqu’à trois semaines. Elle sera suivie d’une semaine à terre pour décharger les déchets collectés qui n’ont pas été transformés en énergie et les confier aux circuits de recyclage locaux.

Le futur navire sera mis à l’eau en 2024 et pourra traiter « 5 000 à 10 000 tonnes de déchets plastiques par an ». Par ailleurs, en plus de nettoyer les océans, le Manta recevra du public à bord pour des opérations de sensibilisation et d’éducation et accueillera des missions scientifiques internationales.