La ville de demain a beaucoup a apprendre des tiers-lieux. Ils sont à la fois des zones d’expérimentation, de pratique artistiques innovante et de développement de l’offre culturelle, en permettant d’inventer des choses qui n’auraient pas leur place ailleurs. Mais force est de constater qu’ils sont souvent mal considérés, que ce soit par le grand public, l’État ou les collectivités territoriales. Une forme de lien est à recréer, et c’est le but que s’est donné le PAM Festival, organisé au Sample, à Bagnolet, du 3 au 5 novembre prochain.
Pour sa deuxième édition, l’événement rassemblera beaucoup d’acteurs et actrices du monde des tiers-lieux, allant des porteurs de projets aux institutionnels, en passant par les collectifs et les résidents. Ces intervenant·es participeront à des workshops, des conférences et des tables rondes, pour participer à la fabrique de la ville de demain. Arnaud Idelon, organisateur du festival et fin connaisseur du monde des tiers-lieux, a accepté de répondre à nos questions au sujet de l’événement.
Quelles raisons ont poussé à la création d’un festival autour de la question des tiers-lieux ?
Arnaud Idelon : L’idée est surtout de faire dialoguer différentes personnes qui sont en contact dans leurs travails. Les tiers-lieux n’existent pas seulement au travers des gens qui les tiennent, mais également grâce à une galaxie d’acteurs et actrices qui participent à leur fonctionnement. Je pense par exemple aux opérateurs privés, aux agents des collectivités, aux artistes ou bien aux résident·es.
Les tiers-lieux n’existent pas seulement au travers des gens qui les tiennent
Les acteurs du monde des tiers-lieux ne communiquent pas suffisamment. J’estime que cela s’explique par une méconnaissance du quotidien et des buts de chacun. L’événement a donc pour objet de faire dialoguer tout ce beau monde. Cela passera par exemple par un workshop qui prendra la forme d’un jeu de rôle. Chaque acteur ou actrice devra se mettre dans la peau d’un autre, afin de comprendre les rôles et les aspirations de chacun·e.
Comment avez-vous construit la programmation de cette édition ?
L’année dernière, la programmation était le fait d’une seule personne. Cette année, nous avons essayé d’élargir notre spectre en nous dotant d’un cercle éditorial, afin d’augmenter la diversité des points de vue. On y trouve par exemple autant des représentants institutionnels que des occupants de tiers-lieux. Cela nous ouvre à des problématiques que nous n’aurions pas soupçonnées. Les représentants de la Région Île-de-France, par exemple, nous ont alertés sur le turn-over trop important dans les équipes, et qui ne permet pas de créer des liens de confiance entre les acteurs et actrices. Nous n’avions pas forcément envisagé le problème sous cet angle.
À lire aussi : Comment les tiers-lieux réinventent le vivre-ensemble dans plusieurs grandes villes de France
La programmation en elle-même s’organise autour de deux journées thématiques. La première sera consacrée à l’urbanisme de transition, et la seconde au rapport entre les tiers-lieux culturels et leur environnement. Ce sont deux thèmes importants, car nous les considérons comme des interfaces entre la culture et le territoire. Nous voulions prendre du champ, monter en généralité et donner la parole à des lieux qui ne l’ont pas toujours.
Cette deuxième édition a également été l’occasion de faire évoluer la formule…
Tout à fait. Nous avons remplacé une troisième journée de travail par une visite de plusieurs tiers-lieux parisiens. Elle aura lieu le 3 novembre, et nous passerons notamment par la Station Gare des Mines, la Shakirail, ou bien l’Artagon Pantin. C’est une façon d’ancrer le propos, et de découvrir ces lieux sous un nouveau jour, en y allant sans œillères.