L'expropriation du Signal est la première a avoir eu lieu sur le sol français

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La première expropriation climatique sur le sol français a eu lieu en Gironde

By Simon Adolf

February 08, 2023

C’est peu ou prou le symbole d’une époque qui est en train de disparaître. « Le Signal », un immeuble d’habitation de quatre étages, situé à Soulac-sur-Mer et érigé dans les années 1960, est en effet en cours de démolition depuis le début de la semaine dernière. Cette barre d’immeuble a pour particularité d’avoir été construite proche de l’océan, sur une petite dune artificielle. Si elle offrait à l’époque à ses habitant·es une vue imprenable sur l’Atlantique, elle subit les conséquences de la montée des eaux.

Depuis 2014, l’ouvrage a été déserté par ses occupants, car jugé trop dangereux. Au moment de sa construction, « Le Signal » se situait en effet à 200 mètres de la côte. Aujourd’hui, seuls une vingtaine de mètres séparent l’ouvrage et l’océan. L’importante concentration d’amiante présente dans les murs de l’immeuble fait également courir un grand risque à l’écosystème local, en cas d’effondrement, poussant les autorités à ordonner la démolition.

Un symbole de l’érosion côtière.

Les habitant·es ont donc été sommé·es de plier bagage, pour ce qui restera la première expropriation climatique de l’histoire française. L’État a en effet racheté la totalité des appartements que comptait la tour, pour 70 % de leur valeur, après un long bras de fer avec les propriétaires.

Si l’affaire fait grand bruit, c’est que les cas comme celui du « Signal » risquent de se multiplier dans les prochaines années. L’Aquitaine, et la Gironde en particulier, est l’une des zones françaises les plus susceptibles de souffrir de la montée des eaux dans les prochaines années, avec les Pays de la Loire et la Côte d’Opale.

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Le GIP littoral, l’institution chargée entre autres d’évaluer les risques concernant les constructions côtières, considère qu’entre 750 et 6700 logements pourraient finir sous les eaux d’ici 2050, si des travaux d’ampleur ne sont pas effectués d’ici là. La première expropriation climatique de l’histoire française, mais certainement pas la dernière.