Avec le remplacement des lampes, la ville de Paris vu de l'espace est devenu quasi entièrement blanche.

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Des chercheurs et chercheuses dénoncent les effets de la pollution lumineuse sur le vivant

By Simon Adolf

November 04, 2022

La nuit finira-t-elle par disparaître ? La question peut sembler un brin absurde, mais la pollution lumineuse fait reculer inlassablement l’obscurité à mesure que le progrès le permet, au point de nous laisser dans un jour sans fin. L’apparition de l’éclairage LED n’a pas arrangé les choses, selon une étude dirigée par l’astrophysicien Alejandro Sánchez de Miguel, et publiée dans la revue Science Advances. Pour réaliser ses recherches, il s’est basé sur des photos issues de la Station spatiale internationale.

S’il est clair qu’elles consomment moins d’énergie, ces lampes sont très nocives pour le vivant, à cause de leur spectre de lumière proche du blanc. L’éclairage LED perturbe en effet le rythme circadien des animaux et des êtres humains. La lumière ininterrompue dérégule la production de mélatonine et désoriente les insectes ou les chauves-souris, qui dépendent des étoiles pour se diriger efficacement.

Plus de lumière qu’auparavant

« Vue de l’espace, l’image qui en résulte ressemble à l’analyse d’un cancer ou à une toile d’araignée fluorescente qui ne cesse de grandir », commente l’auteur. La faible consommation électrique des ampoules LED incite en effet les municipalités et acteurs privés vers une fuite en avant de la puissance des éclairages, explique le chercheur.

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L’étude ne se veut pas alarmiste, et pointe donc plusieurs motifs d’espoir. L’un d’eux concerne la crise de l’énergie que nous traversons. Elle a pour effet secondaire de pousser de nombreuses municipalités à éteindre leurs lumières, pour économiser quelques deniers. De quoi, on l’espère, rendre à la nuit un peu de sa pénombre.