Le Club des directeur·ices artistiques inaugure la première édition du concours Futurs Désirables, invitant les créatif·ves à promouvoir un futur sobre et optimiste. Une manière d’utiliser les codes de la communication et de la publicité pour se mettre au service de la transition écologique.
Chaque année, le Club des directeur·ices artistiques (D.A.) distribue une vingtaine de prix aux auteur·ices de campagnes de communication les plus créatives. Véritable référence dans le milieu, l’institution lance cette année la première édition du concours Futurs Désirables. Le pitch ? « Imaginer un concept qui promeut un futur optimiste et inspire le changement ».
L’objectif de la compétition est de mettre la force de la créativité au service des imaginaires autour de la sobriété pour engager les citoyen·nes face à l’urgence écologique. Les candidatures sont ouvertes à tous·tes les créatif·ves, seul ou en équipe, jusqu’au 30 avril 2024.
Une campagne d’affichage nationale à la clé
Le Club des DA précise : « Peu importe la forme, tant que l’idée donne envie d’être demain : campagne publicitaire, film, clip, packaging, affichage, site internet, activation, innovation tech, podcast, documentaire, expérience interactive, livre, bande-dessinée… ». L’institution invite également à se tourner vers quatre grands axes inspirés des travaux de l’ADEME : la consommation responsable, les habitudes alimentaires réfléchies, les mobilités variées et les habitats repensés. De quoi ouvrir le champ des possibles.
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Autour du concours, on retrouve la « police de la pub », l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) qui y voit une occasion de « promouvoir une publicité responsable et éthique », selon les mots de son directeur, Stéphane Martin. La régie publicitaire Médiatransport s’est également engagée à diffuser en Île-de-France et dans les grandes gares de France trois des projets lauréats.
Dans le jury, on retrouve des journalistes (Sopress, Climax) et des professionnel·les du secteur (Artefact3000, Jésus et Gabriel, Division, BETC, ARPP). Les jurés se réuniront mi-mai avant d’annoncer les 10 lauréat·es qui seront exposé·es début juin à la cérémonie de remise de prix du Club des D.A.
Renverser la pub ?
Dans un secteur de la publicité régi par des logiques strictement commerciales, un tel concours ouvre un nouvel horizon. « 90% des briefs que l’on reçoit vise à vendre davantage, à inciter à la consommation » raconte Louis Bonichon, directeur de création et innovation digitale de l’agence Mnstr et président du jury, qui souligne toutefois la multiplication des briefs invitant à promouvoir le « consommer mieux ».
Une contradiction entre pub et sobriété ? Louis Bonichon tempère en affirmant que la publicité reste une discipline destinée à « rendre visible et compréhensible quelque chose de complexe », pouvant être mise au service de tout. Une transition écologique désirable par exemple.
De son côté, Gabriel Gauthier de l’agence Jésus et Gabriel explique alors que le concours Futurs Désirables permet de « montrer que la publicité peut être une pensée de progrès », au service de la « décroissance heureuse ».
« Nous savons que notre industrie s’inscrit dans un paradoxe : en effet, nos métiers ont contribué à créer le monde dans lequel nous vivons. Mais il ne tient qu’à nous de proposer une vision positive et inspirante de l’avenir et d’utiliser nos expertises pour le rendre plus désirable pour tous·tes » conclut le communiqué du Club des DA.
Retrouvez plus d’informations sur le concours Futurs Désirables par ici.
Et en attendant de découvrir les lauréat·es, retrouvez l’exposition Deadlines : message à caractère(s) urgentes, jusqu’au 16 juin 2024 à La REcyclerie (Paris 18), « une exposition collective de design graphique consacrée au renouvellement des mots, des typographies et des images utilisées pour porter le message écologiste ».






