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Rétrospective à écouter : ces musicien·nes qui ont mis l’écologie sur disque en 2024

par François Mauger
29 janvier 2025
Rétrospective à écouter : ces musicien·nes qui ont mis l’écologie sur disque en 2024

Si l’année 2024 ne devrait pas être définie comme celle du tournant écologique de la musique, nombre d’artistes voient les questions environnementales prendre une telle place dans leur existence qu’elles retentissent dans leurs disques – citons ici nos rencontres avec Gojira, Flavia Coelho, Fakear, Koclico, Patrick Scheyder, MC Danse pour le Climat, French 79, MAB…

Bien d’autres résonances écologiques ont été mises en avant par 4’33, ce webzine dédié à l’art de mettre en musique l’écologie, dont nous avons adoré l’exhaustive et érudite rétrospective 2024. Son rédacteur en chef François Maugier nous en propose ici une version condensée. Belle introduction à la série de co-publications à venir entre nos deux médias. Bonne écoute.


Comment, dans une décennie ou deux, décrira-t-on les musiques populaires de 2024 ? Parlera-t-on du triomphe d’une pop féminine taillée pour les stades, incarnée par Taylor Swift, Billie Eilish ou Dua Lipa ? Evoquera-t-on la revanche de la country, bien au-delà de la seule figure de Beyoncé ? Mystère… Il est en tout cas bien peu probable que l’on définisse 2024 comme l’année du tournant écologique de la musique, même si ce tournant préoccupe actuellement la plupart des professionnels du secteur, qui, de Marseille à Roubaix et de Strasbourg à Brest, calculent leur empreinte carbone, commandent des gobelets recyclables, discutent de covoiturage…

Dans leur grande majorité, les artistes s’inquiètent eux aussi du changement climatique. Mais la plupart ne trouvent pas toujours les mots pour en parler, ou craignent plus ou moins consciemment de se fermer les portes du succès, dans un univers professionnel arbitré par des algorithmes. Certains, pourtant, osent et ce sont, pour nous, les véritables héros (et héroïnes) de l’année 2024. Ils ne sont ni plus sages ni plus fous que leurs collègues, seulement plus impliqués : les questions environnementales ont pris une telle place dans leur existence qu’elles retentissent dans leur musique. Ne citons ici – pour n’effrayer personne – qu’une quinzaine de noms, tirés de la centaine d’articles parus sur 4’33 l’année passée.

Commençons par la chanson, 2024 ayant été une année assez remarquable de ce côté. Françoiz Breut a invoqué sur Vif ! les vers de terre, une femme transformée en arbre ou les graines dans les airs. Sur son premier album en solitaire, Forêts futures, Ben Lupus s’est entouré de sapins, de roseaux, de vallées et de vents. Mnemotechnic et Poing ont combattu les algues vertes qui empuantissent les plages bretonnes. Les Toulousains de Djé Balèti ont fait vibrer leur calebasse électrique pour aborder notre rapport à l’alimentation. La jazz woman Marion Rampal a publié un cinquième album tout entier habité par les oiseaux…

Une bouteille à la mer

Outre-Atlantique, le Brésilien Amaro Freitas est allé chercher l’inspiration en Amazonie. Le rocker Phil Elverum, la tête pensante de Mount Eerie, a jeté une bouteille à la mer pleine de bruit et de fureur, depuis l’île d’Orcas, au large de l’État de Washington. Compositeur natif de l’Alaska, Matthew Burtner a réuni sur son nouvel album, Profiled from atmospheres, des thèmes inspirés par le vent, les papillons de nuit ou le changement climatique.

« Avant, je pensais que j’étais née dans la mauvaise génération », a chanté la Néo-orléanaise Alynda Segarra sur le nouvel album d’Hurray for the Riff Raff, « Mais maintenant je sais que je suis arrivée à temps / Pour regarder le monde brûler ». Outre-Manche, l’Écossais Erland Cooper a déterré la bande magnétique de l’un de ses concertos, qu’il avait enfouie dans le sol d’une île des Orcades : miracle, elle est encore audible.

Sur cette rive, le pianiste Lorenzo Naccarato a suivi les oiseaux migrateurs, de la mer Baltique aux plages du Sénégal. En Australie, enfin, Dobby, un jeune rappeur à demi aborigène, a consacré un album aux rivières asséchées par l’irrigation illégale ou rendues impropres à la vie animale par le manque d’oxygène.

Grande innovation : en 2024, la Terre a été reconnue comme artiste. Désormais, tous les créateurs qui déclarent un featuring d’une dénommée « NATURE » sur l’un de leurs titres génèrent des royalties pour la sauvegarde des écosystèmes menacés. L’Anglais Cosmo Sheldrake suit le mouvement : il a décidé de partager les droits d’auteur de son nouvel album avec les animaux qui l’accompagnent. Également grande manipulatrice de micros de toutes sortes, l’artiste sonore française Mélia Roger a présenté l’une de ses œuvres, Dear Phonocene, au Studio National des Arts Contemporains, à Tourcoing.

Vélo trafiqué

Certains artistes ont également réinventé leurs outils de travail. Pour ses concerts, le duo Aïla a bricolé un amusant système de diffusion mobile sans électricité, composé de tubes et de pavillons acoustiques semblables à ceux des phonographes d’antan. Le Lyonnais Joube a trafiqué son vélo pour en faire un instrument roulant.

Les liens entre les instruments et l’écologie était l’un des nombreux sujets de réflexion de François Ribac. Ce musicien qui enseignait la sociologie de la culture et de l’environnement à Dijon nous a quittés en novembre, laissant à ses lecteurs un dernier livre (Arts de la Scène et Musique dans l’Anthropocène, ndlr.) consultable en ligne. Cette rétrospective lui est dédiée.

Retrouver le texte intégral de la rétrospective 2024 sur 4’33.

Tags : ÉcologieMusiqueNature

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