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Normandie : l’entraide en coulisses du festival Papillons de Nuit racontée par ses bénévoles

par Pioche! Magazine
25 avril 2024
Normandie : l’entraide en coulisses du festival Papillons de Nuit racontée par ses bénévoles

AurèleBossan©

Du 17 au 19 mai 2024, le festival normand Papillons de Nuit revient dans le petit village de Saint-Laurent-de-Cuves. Cette grande fête au service du local rassemble une fidèle communauté de bénévoles qui portent l’identité du festival. Portrait du « plus grand festival de France dans le plus petit lieu ».

À moins d’un mois de la 22e édition de Papillons de Nuit, Bernard est fier de l’annoncer : « Cette année je serai bénévole aux côtés de mes deux enfants et de mes six petits-enfants ». Car autour de Saint-Laurent-de-Cuves, quelque part entre Rennes et Caen, Papillons de Nuit est raconté comme une grande fête qui dépasse la musique pour tisser liens et souvenirs depuis dans ce coin du sud de la Manche. Immanquable pour les festivalier·es comme pour les bénévoles.

Cette année, le festival se déroulera du 17 au 19 mai 2024 et accueillera entre autres SCH, Styleto, Caravan Palace, Zaho de Sagazan, Pierre de Maere, Ninho et Hannah Grae.

Ensemble, c’est mieux

À l’origine, il y a quatre associations de Saint-Laurent-de-Cuves, dont le comité des fêtes et le club de foot, déterminées à créer le rendez-vous culturel qui manque à la région. Et dans un contexte où les jeunes s’en vont pour les études et le travail, l’ambition dépasse la musique. L’évènement est pensé avant tout comme un beau moment de retrouvailles, comme peut l’être un tournoi de pétanque ou de belote. Résultat : 10 000 personnes répondent présent pour la première édition en 2001 sur la place du village qui se révèle trop petite.

Pour moi, le festival est avant tout un moment pour se retrouver en famille

Si l’on s’amuse à éplucher les archives de la presse locale pour remonter le fil de l’aventure Papillons de Nuit, un même son de cloche revient tous les ans : « Notre atout, c’est le bénévolat », « sans les bénévoles, les Papillons de nuit ne serait qu’utopie »… Car de 10 000 festivalier·es en 2001 à 92 000 en 2023, l’association organisatrice, R.O.C. en Baie, a su garder un esprit convivial dans son organisation. « Pour moi, le festival est avant tout un moment pour se retrouver en famille » témoigne Lucas, 23 ans, qui sera bénévole avec son grand-père pour la première fois cette année.

Chouchouter les bénévoles

Engagé depuis la deuxième édition, en 2002 alors qu’il venait de s’installer dans l’ouest de la Normandie, Bernard peut témoigner de cette histoire unique, qui a fait de Papillons de Nuit le plus gros festival associatif de la région, et le septième national. Une évolution de 300 bénévoles à 1 600 qu’a suivie Bernard, aujourd’hui « le bénévole des bénévoles », chargé de l’accueil et de la coordination des petites mains qui portent le festival.

À lire aussi : Festivals en mouvement : comment passer la seconde sur les mobilités durables

Il s’occupe d’un espace détente et bien-être entièrement dédié aux bénévoles, avec massages, animation et restauration à la clé. C’est ce soin particulier qui explique la constitution au fil des années d’une fidèle communauté soudée et motivée. L’histoire raconte même qu’en 2007, Laurent Voulzy a proposé un set acoustique aux bénévoles. « Cette année encore, 1 400 volontaires se sont inscrit·es en moins de 15 jours » se réjouit Louisa Weisbeck, chargée de la communication du festival.

Cette année encore, 1 400 volontaires se sont inscrit·es en moins de 15 jours

Au sein des bénévoles, les tâches sont attribuées en fonction des choix de chacun·e. Une cinquantaine d’entre eux/elles forment par exemple l’unité d’élite des « éco-papillons », chargée de l’information, de la sensibilisation des campeur·euses et du tri sélectif, permettant au festival de valoriser la moitié des déchets.

« J’avais 15 ans pour ma première participation, c’était pour voir Black M, se souvient Floryan, 20 ans, petit-fils de Bernard. Je me suis toujours dit que je reviendrai quand je serai grand ». Cette année, il passera le festival entre des missions dans les loges d’artistes et les moments de fêtes avec ses ami·es. « Ce qui est super, c’est qu’il y en a pour tous les goûts dans la programmation » salue-t-il.

Les Normand·es ont du talent

De son côté, Bernard l’admet : « Ce ne sont pas forcément les chanteurs qui m’intéressent le plus ». Il explique plutôt la longévité de son engagement par l’ambiance bon enfant parmi les bénévoles et le sens trouvé dans cette association qui fait vivre le territoire. Car au-delà du festival qui multiplie la population du village par 200 le temps d’un week-end, R.O.C en Baie propose des concerts toute l’année en Normandie – dont un set de Molécule à l’abbaye du Mont-Saint-Michel en octobre dernier.

À lire aussi : Emmanuel Tibloux : « Les campagnes sont les délaissées de la modernité »

La programmation du festival laisse aussi de la place à la scène locale avec un quart de l’affiche issue de la région, et une scène gratuite – baptisée Odézia – entièrement dédiée aux jeunes talents normands, souvent amateurs. Pour cette édition, on retrouvera notamment Bazarr, Periods, Palladium et Tha Dunciz. De quoi « défendre l’excellence musicale normande » se félicitent les organisateur·ices sur le site du festival.

Le festival se tourne également vers le local dans ses partenariats, autant pour ses toilettes sèches empruntées aux voisins de Chauffer dans la noirceur que pour ses fournisseur·euses souvent issu·es des villages alentours, à l’image des cocktails à base de cidre et calva servis sur place.

Plus d’infos sur la programmation et les engagements sur le site du festival. 

Tags : FestivalInclusionMusiqueRuralitésTerritoires

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