Anaëlle Marot, dans « Tout sur ma mer » © Hélène Dodet

Faire lieux

En Occitanie, le festival Bioviv’Art mêle arts et sciences pour sensibiliser à la préservation du vivant

By Manon Falloux

July 01, 2026

Une baleine qui répond au chant d’une artiste, une performance qui mêle conférence, quiz et stand-up, ou encore un spectacle de cirque qui fait naître la mer à partir de simples feuilles de papier kraft. À Bioviv’Art, l’objectif est de créer des rencontres, provoquer des émotions, faire se croiser artistes et scientifiques pour que le discours écolo prenne chair. 

Le festival revient à Alénya, près de Perpignan, avec une programmation consacrée aux mers et océans. Chercheurs, artistes, associations et grand public s’y retrouvent autour d’un même objectif : parler de biodiversité autrement. Rencontre avec sa fondatrice, Mickaëlle Bensoussan.

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Pourquoi avoir fait le pari de réunir artistes et scientifiques ?

Mickaëlle Bensoussan : La mission de Bioviv’Art, c’est informer, alerter, émerveiller. On ne peut protéger que ce que l’on aime et pour aimer, il faut déjà connaître les choses. La particularité du festival, c’est justement d’essayer de convoquer à la fois la raison et l’émotion dans le but de sensibiliser le plus large public possible à la préservation de la biodiversité, au respect du vivant. Cette mission est mise en œuvre par la conjonction de deux grands domaines : l’art et la science. Ce sont à priori des domaines qui, pendant de nombreuses années, ne se sont pas trop côtoyés, parce qu’on contenait la science aux choses logiques, sérieuses, et l’art plutôt aux choses créatives et libres. Alors que le chercheur et l’artiste ont un point commun : vouloir rendre visible l’invisible.

 

La performance Dans(er) l’Océan sera présente à cette édition.

Comment choisissez vous les intervenants du festival ?

On invite des chercheurs qui sont d’excellents scientifiques, mais aussi de très grands communicants. Ils ont eux-mêmes compris que les discours purement scientifiques ne suffisaient plus toujours à toucher le public.

Cette année, Gilles Boeuf, biologiste et océanographe, fidèle parrain du festival, donnera une conférence intitulée « L’Océan, témoin des changements ». Il nous racontera la façon dont cet espace est transformé par le changement climatique, et à quel point cela révèle l’ampleur du phénomène. 

Vous pourrez aussi écouter le concert scientifique proposé par Fabienne Delfour, spécialiste des grands mammifères marins, et Aline Pénitot, qui a réussi à communiquer avec une baleine à bosse en diffusant des chants a cappella. 

Il y a aussi Swann Périssé qui sera présente comme marraine du festival ? Pourquoi avoir choisi de l’associer au festival ? 

On connaît son engagement écologique et féministe, elle est totalement alignée avec nos valeurs. Les festivaliers pourront discuter avec elle. Elle interviendra notamment lors d’un bord de scène après « Tout sur ma mer », le seul-en-scène d’Anaëlle Marot, qui raconte son engagement pour la dépollution de la Méditerranée à travers un périple en kayak. Elle sera présente tout au long du festival et pourra réagir au gré des rencontres.

 

Festival Bioviv’Art 2025 © Bioviv’Art

Vous cherchez aussi à attirer des personnes qui ne viendraient jamais écouter une conférence sur la biodiversité… 

On construit la programmation pour que chacun puisse entrer dans le festival par une porte différente. On accueille par exemple Mathieu Duméry avec Climato. C’est un spectacle entre conférence, quiz et stand-up. Il interpelle constamment le public sur ses connaissances et son engagement. C’est drôle, participatif et accessible à tout le monde. C’est un format très interactif.

Il y a aussi Kraft, un spectacle sans paroles mêlant cirque et danse. Toute la scénographie est réalisée en papier kraft, qui devient tour à tour la mer, les vagues ou des animaux marins. Ça peut inciter des gens qui sont peut-être un peu éloignés, a priori, des considérations écologiques à se dire : « C’est un spectacle pour les enfants, tout public, familial. On va aller voir de quoi il retourne. »

Et puis, comme le festival est bouillonnant, il y a plein de choses qui se passent en même temps : des ateliers, des conférences… L’idée est, d’année en année, de rassembler autour du festival un public de plus en plus large.

« Le fait d’agir enlève ce stress et donne l’énergie et la joie de pouvoir contribuer à quelque chose de façon concrète. »

Le festival ne s’arrête pas à la sensibilisation. Comment invitez-vous le public à passer à l’action ?

On a mis en place un forum des associations locales naturalistes, en lien avec le thème de l’année, qu’on fait le dimanche après-midi et qui réunit une grande partie des acteurs locaux au niveau associatif qui œuvrent pour la préservation de la biodiversité à l’échelle locale. Par exemple, cette année on a Project Rescue Ocean, et Ailerons. Ce sont des associations qui œuvrent sur tout le territoire, mais qui ont des antennes locales et qui viennent le temps d’une après-midi derrière un stand, expliquer leurs actions et rencontrer le grand public. 

L’idée de Bioviv’Art, c’est de sensibiliser mais aussi d’inciter à l’action et à la mobilisation. Donc, en amenant tous ces acteurs, ça peut donner aux gens l’envie de s’engager dans une asso et de faire leur part. Parce qu’il n’y a rien de plus angoissant de se rendre compte des problèmes du monde, de se dire qu’on ne fait rien et de repartir encore plus déprimé qu’on est arrivé. Le fait d’agir enlève ce stress et donne l’énergie et la joie de pouvoir contribuer à quelque chose de façon concrète.

Bioviv’Art, du 24 au 26 juillet à Alénya (66). Infos, réservation et toute la programmation sur le site du festival.